Un 3e trimestre 2019 sur une bonne tendance, malgré quelques zones d’ombres

Communiqué n° 38

En Provence - Alpes - Côte d’Azur, la majorité des indicateurs reste positif au 3e trimestre : l’emploi salarié, les Déclarations préalables à l’embauche (DPAE) et les reprises d’emploi, progressent. L’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) s’améliore, la demande d’emploi ainsi que le nombre de demandeurs de délais de paiement diminuent. Toutefois, la croissance de l’emploi ralentit et le taux de chômage est en très légère hausse.
L’environnement international semble s’apaiser et la zone euro serait potentiellement en croissance. L’activité française continue à être portée par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Au niveau régional, l’activité devrait encore progresser.

Une croissance de l’emploi légèrement ralentie ce trimestre

Une croissance de l’emploi salarié modérée
Au 3e trimestre 2019, la croissance de l’emploi salarié décélère un peu en Provence - Alpes - Côte d’Azur : + 0,2 % (soit + 3 700 emplois), après + 0,3 %. Si l’emploi public reste dynamique (+ 0,3 %, comme au 2e trimestre), l’emploi privé, qui concentre 75 % des effectifs, progresse deux fois moins vite ce trimestre (+ 0,2 %, après + 0,4 %). Comme depuis début 2018, ce sont les emplois hors intérim qui tirent la croissance de l’emploi salarié. L’intérim y contribue légèrement ce trimestre (+ 1,0 %, soit + 500 emplois), après un 2e trimestre atone. Au 30 septembre 2019, le nombre de salariés s’élève ainsi à 1 866 100 dans la région, 18 800 de plus sur un an (+ 1,0 %).

Évolution de l’emploi salarié
Données CVS, base 100 au 4ème trimestre 2010
Source : Insee (estimations d’emploi) – Acoss-Urssaf, Dares, Insee (estimations trimestrielles).
Champ : emploi salarié en fin de trimestre.
Note : données provisoires.

En réaffectant chaque intérimaire à son secteur d’activité employeur, l’emploi salarié ralentit fortement dans le tertiaire marchand :+ 0,1 % sur le trimestre soit + 800 emplois, après + 0,5 %. Les besoins de main-d’œuvre progressent à peine dans le Commerce (+ 0,1 %, après + 0,3 %) et se stabilisent dans les Autres activités de services (après + 0,2 %). Ils continuent à se contracter dans les Activités immobilières (– 1,2 %, après – 1,1 %) et les Activités financières et d’assurance (– 0,3 %, après – 0,1 %) et se replient dans l’Hébergement-restauration (– 0,9 %, après + 1,7 %) et les Transports et entreposage (– 0,1 %, après + 0,4 %). Seuls deux sous-secteurs poursuivent leur croissance : les Activités de soutien aux entreprises (+ 0,9 %, après + 0,5 %) et l’Information-communication (+ 0,6 %, après + 0,3 %).

Avertissement : Depuis la publication de juillet 2018 portant sur le 1er trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi publiées au niveau localisé (région et département) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié. Par rapport à la situation antérieure, sont désormais ajoutés aux salariés du secteur marchand, ceux du tertiaire non marchand, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs. Les salariés du tertiaire non marchand travaillent dans l’administration publique, l’enseignement, la santé humaine ou l’action sociale. Parmi eux, 70 % relèvent du secteur public, les autres exercent une activité non marchande dans le privé (soutien scolaire, médecin, etc.).
Par ailleurs, depuis la publication de juillet 2017 portant sur le 1er  trimestre 2017, les données sont établies par l’Insee en coproduction avec l’Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l’intérim).
Enfin, l’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du Bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises. Durant la phase de montée en charge de la DSN, des adaptations sont réalisées dans la chaîne de traitement statistique des estimations d’emploi afin de tenir compte de ces changements. Ces modifications sont susceptibles de générer des révisions accrues sur les données.

La vigueur du tertiaire non marchand explique plus de la moitié de la hausse des effectifs salariés dans la région au 3e trimestre : + 0,3 % (+ 2 100 personnes), comme au 2e trimestre. D’après l’Insee, ce dynamisme serait dû aux créations d’emplois non aidés qui compenseraient les réductions du nombre de contrats aidés. Dans l’industrie, les effectifs se redressent (+ 0,2 %, + 300 salariés, après – 0,3 %), notamment grâce au soutien de l’intérim (+ 200 salariés). La demande de travail augmente dans tous les sous-secteurs, sauf dans celui du Raffinage, industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution où le recul se poursuit (– 0,3 %, après – 1,7 %). Enfin, dans la construction, les besoins de main-d’œuvre s’amenuisent encore ce trimestre (+ 0,2 %, + 300 emplois, après + 0,8 %).

En France métropolitaine, l’emploi salarié augmente également de + 0,2 % ce trimestre. Ce rythme, qui s’observe aussi bien dans le secteur public que privé, est identique à celui du 2e trimestre. Contrairement à la région, l’intérim continue de reculer : – 0,4 %. Sur un an, la croissance de l’emploi salarié reste soutenue + 1,0 %.

Évolution de l’emploi salarié, avec intérim réaffecté au secteur d’activité employeur, en Provence - Alpes - Côte d’Azur
Données CVS, base 100 au 4ème trimestre 2010
Source : Insee (estimations d’emploi) – Acoss-Urssaf, Dares, Insee (estimations trimestrielles).
Champ : emploi salarié en fin de trimestre.
Note : données provisoires.

Accélération des déclarations d’embauches
Les Déclarations préalables à l’embauche (DPAE) continuent leur progression à un rythme plus soutenu qu’au trimestre précédent : + 4,1 %, après + 2,2 %. Si tous les types de contrats sont concernés, ce sont les embauches en CDI qui progressent le plus : + 6 %. Les CDD d’un mois ou moins, qui représentent 67 % des déclarations de ce trimestre, évoluent de + 4,1 %.
Le secteur de l’Hébergement-restauration est le plus dynamique avec une progression de + 6,1 % de ses déclarations d’embauche. Il est suivi par le secteur du Commerce en évolution de + 4,5 %. Ces deux secteurs regroupent 33 % de la totalité des déclarations faites au 3e trimestre 2019.
Le secteur des Services qui représente 62 % des déclarations de ce trimestre, évolue de + 3,8 %. Seuls la Construction et l’Industrie sont en régression sur leurs embauches (– 1 %).
Comme pour le trimestre précédent, ce sont les entreprises de 50 salariés ou plus qui se montrent les plus dynamiques en augmentant leurs déclarations de + 7 % ce trimestre. Viennent ensuite les TPE avec une évolution trimestrielle de + 4,1 % et une part d’embauche en CDI de plus de 20 %.

Une tendance favorable sur le marché du travail

Très légère remontée du taux de chômage
En Provence - Alpes - Côte d’Azur, le taux de chômage localisé augmente très légèrement au 3e trimestre 2019 (+ 0,1 point, après – 0,3 point au 2e trimestre). Il s’établit à 9,9 % de la population active, soit un niveau inférieur à ceux enregistrés au cours des 10 dernières années. Par rapport au 3e trimestre 2018, il recule de – 0,6 point.
En France métropolitaine, la tendance est similaire. Le taux de chômage progresse de + 0,1 point sur un trimestre (après – 0,2 point) et atteint 8,3 %, un niveau proche de celui de début 2009. Sur un an, il se replie de – 0,5 point.
À l’échelle départementale, le taux de chômage croît au même rythme qu’au niveau régional (+ 0,1 point) dans les Alpes-Maritimes (9,1 %), les Bouches-du-Rhône (10,2 %) et les Alpes-de-Haute-Provence (10,5 %). La hausse est un peu plus marquée (+ 0,2 point) dans le Vaucluse (11,3 %), qui affiche toujours le taux le plus élevé de la région. Dans les Hautes-Alpes (8,1 %) et le Var (9,5 %), le taux est stable.

Taux de chômage
Données CVS, en %
Source : Insee – Taux de chômage au sens du BIT (national), taux de chômage localisé (régional).
Note : données trimestrielles provisoires, estimation à +/– 0,3 point près du niveau du taux de chômage national et de son évolution d’un trimestre à l’autre.

Après 11 ans de hausse, la demande d’emploi des seniors se stabilise
Au 3e trimestre 2019, Provence - Alpes - Côte d’Azur compte en moyenne 490 900 demandeurs d’emploi inscrits sur les listes de Pôle emploi en catégories A, B, C (tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite ou sans activité). C’est 11 400 de moins qu’un an auparavant, soit – 2,3 %, après – 0,9 % au 2e trimestre 2019. Ces deux diminutions succèdent à près de 11 ans de hausse ininterrompue.
Le repli de la demande d’emploi se consolide pour les hommes (– 2,7 % sur un an, après – 1,5 %) et les femmes (– 1,9 %, après – 0,4 %), mais aussi pour les jeunes de moins de 25 ans (– 2,5 %, après – 0,3 %). Pour la première fois en 11 ans, la demande d’emploi des 50 ans ou plus ne varie pas : + 0,1 %, après + 1,4 %. Cette stabilisation concerne aussi les demandeurs d’emploi de longue durée, pendant que le nombre d’inscrits depuis moins d’un an confirme sa baisse : – 4,1 %, après – 3,1 %.
En France métropolitaine, la demande d’emploi enchaîne son quatrième trimestre de recul (– 1,9 %). Les évolutions par sexe ainsi que celles des jeunes et des inscrits depuis moins d’un an sont comparables aux évolutions régionales. En revanche, la demande d’emploi des seniors continue de progresser et celle des inscrits depuis un an ou plus diminue.

Une hausse annuelle des reprises d’emploi ce trimestre
Au cours du 3e trimestre 2019, près de 96 400 demandeurs d’emploi inscrits en catégories A et B ont accédé à un emploi d’un mois ou plus, soit une augmentation de + 2,8 % par rapport au 3e trimestre 2018. Sur 12 mois glissants, cela représente plus de 383 800 reprises d’emploi (+ 2 % sur un an). Sur la même période, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A et B diminue de – 4,2 %. 16 500 demandeurs d’emploi de moins de 25 ans ont retrouvé un emploi. Il s’agit de la classe d’âge ayant le plus profité des reprises d’emploi avec un taux de 12 % (9,5 % pour les 25-49 ans et 5,9 % pour les 50 ans ou plus). Près des deux tiers des reprises d’emploi concernent des inscrits avec moins d’un an d’ancienneté.
 
L’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) poursuit son amélioration au 3e trimestre 2019
Avec une conjoncture économique maintenue telle qu’elle s’établit au 3e trimestre 2019, un demandeur d’emploi de Provence - Alpes - Côte d’Azur resterait, en moyenne, inscrit presque 11 mois (333 jours) sur les listes de Pôle emploi, soit 17 jours de moins ce trimestre. Cette éclaircie trimestrielle concerne toutes les catégories de population et particulièrement les seniors (– 39 jours). En rythme annuel, l’ICDC s’améliore de plus d’un mois (– 36 jours) : les diminutions vont de deux semaines pour les jeunes à plus de deux mois pour les seniors.

L’ICDC des Alpes-de-Haute-Provence (402 jours) reste le plus élevé, malgré une réduction de deux semaines au cours de ce trimestre. L’indicateur diminue de près d’un mois au sein des Alpes-Maritimes et atteint 312 jours. Ceux des Hautes-Alpes (348 jours), des Bouches-du-Rhône (340 jours) et du Var (316 jours) sont caractérisés par un apaisement d’environ deux semaines. Pour le Vaucluse (368 jours), une très légère amélioration de l’indicateur est observée ce trimestre (– 2 jours).

L’ICDC est un indicateur conjoncturel proposé par Pôle emploi dans le but de synthétiser l’incidence de la conjoncture économique sur l’état du marché du travail, et les opportunités qu’il offre pour trouver un emploi. Il reproduit le calcul de l’espérance de vie d’une population en évaluant la durée moyenne de chômage d’une cohorte fictive de demandeurs d’emplois qui connaîtraient durant toute la période de chômage les mêmes conditions sur le marché du travail que celles du trimestre considéré.

Zoom sur le marché du travail territorialisé

Stabilité ou faible croissance du taux de chômage
Au 3e trimestre 2019, comme en Provence - Alpes - Côte d’Azur, le taux de chômage augmente très légèrement (+ 0,1 point) dans les zones d’emploi d’Aix-en-Provence (7,9 %), Nice (9,1 %), Salon-de-Provence (9,8 %), Manosque (10,3 %), Draguignan (11,0 %), Fréjus – Saint-Raphaël (11,4 %) et Orange (11,6 %). La hausse est plus importante (entre + 0,2 et + 0,3 point) dans les zones d’emploi de Cannes - Antibes (9,3 %), Avignon (10,8 %), Cavaillon - Apt (11,6 %) et Arles (11,9 %), où le taux de chômage demeure le plus élevé de la région. Dans les autres territoires le taux est stable.

Évolution du taux de chômage par zone d’emploi en Provence-Alpes-Côte d’Azur entre le 2e trimestre et le 3e trimestre 2019
Données CVS, évolution annuelle en point et taux en % au 3e trimestre 2019
Source : Insee – Taux de chômage localisés.
Note : données provisoires.

Dans un contexte international moins sombre, la croissance française reste sur sa lancée

Les incertitudes politiques et économiques de l’année 2019 semblent se dissiper : la perspective d’un Brexit sans accord paraît s’éloigner et les États-Unis semblent désireux de faire aboutir un accord commercial avec la Chine, l’élection présidentielle arrivant. Si la crainte d’un retournement conjoncturel global semble s’atténuer, il est difficile d’identifier les leviers susceptibles de redonner du souffle à l’économie mondiale.
En zone euro, les indicateurs conjoncturels suggèrent une stabilisation de l’activité économique, voire une légère hausse en 2020. La croissance de la zone euro pourrait ainsi passer de + 0,2 % par trimestre à + 0,3 % d’ici mi 2020.

En France, depuis presque deux ans, la croissance garde un rythme relativement régulier, autour de + 0,3 % par trimestre, principalement portée par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. D’ici mi 2020, l’emploi ralentirait, mais le taux de chômage resterait orienté à la baisse. Du côté des entreprises, le climat des affaires reste favorable mais les dynamiques sectorielles sont contrastées : les Services tiendraient bon mais l’Industrie marquerait le pas.

Une situation économique régionale bien orientée

L’économie régionale progresse
Au 4e trimestre 2019,selon la Banque de France, la production industrielle régionale est en amélioration soutenue grâce à la demande nationale et internationale. Les filières de la Fabrication de matériels de transport et de l’Industrie agroalimentaire portent la tendance, alors que celles de la Chimie, de la Métallurgie et de la Fabrication de composants électroniques affichent des évolutions ponctuellement contrastées.
Au final, le taux d’utilisation des capacités de production s’établit à 79 %, un niveau proche de la moyenne longue période (82 %).
Dans les services marchands, le niveau des transactions poursuit une dynamique positive dans un contexte de demande bien orientée. Ce sont principalement les secteurs du Transport, de l’Hébergement, de l’Ingénierie, de la Communication, de l’Intérim et du Nettoyage industriel qui portent la tendance.
Dans la construction, la production progresse nettement dans le bâtiment et les travaux publics, alimentée par la demande privée et publique.
L’emploi, bien qu’en croissance, demeure impacté par la difficulté à pourvoir les offres de postes qualifiés selon les chefs d’entreprises, quelques soit le secteur d’activité.
À court terme, dans l’ensemble des filières économiques de la région, une progression de l’activité est anticipée.

Courbes de tendances d’activité en Provence - Alpes - Côte d’Azur
Moyenne mobile sur 12 mois corrigée des variations saisonnières et des jours ouvrables (Services marchands et Industrie)
Source : Banque de France.

Une diminution du nombre de demandeurs de délais
En région, de janvier à fin novembre 2019, 6 965 entreprises ont demandé un délai à l’Urssaf pour le paiement de leurs cotisations, soit 3,7 % des entreprises. En un an, le nombre de demandeurs a baissé de – 18 %.
Cette amélioration concerne uniquement les entreprises de moins de 10 salariés (– 23 % en annuel).
Tous les secteurs sont concernés, mais plus particulièrement ceux de la Construction et de l’Industrie (respectivement – 26 % et – 22 % en annuel).